Cybercriminalité : Interpol et 16 pays africains saisissent 651 escrocs et près de 2,6 milliards de FCFA
C’est un coup de filet majeur contre la cyberdélinquance sur le continent. Dans un communiqué parvenu ce mercredi 18 février à la rédaction d’Info241, l’organisation internationale de police criminelle (Interpol) a dévoilé les résultats spectaculaires de l’opération « Red Card 2.0 ». Menée conjointement par les forces de l’ordre de 16 pays africains, cette offensive a permis l’arrestation de 651 individus et la récupération de plus de 4,3 millions de dollars (environ 2,6 milliards de FCFA).
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La traque a duré huit semaines, du 8 décembre 2025 au 30 janvier 2026. L’objectif était clair : démanteler l’infrastructure et neutraliser les acteurs derrière les arnaques aux investissements à haut rendement, les fraudes liées au mobile money et les demandes de prêts mobiles frauduleux.
Un bilan financier et matériel lourd
Le bilan de l’opération « Red Card 2.0 » illustre l’ampleur du phénomène. Les enquêtes ont mis à jour des escroqueries liées à des pertes financières estimées à plus de 45 millions de dollars (environ 27,6 milliards de FCFA) . Au total, 1 247 victimes ont été identifiées, principalement sur le continent africain, mais également dans d’autres régions du monde.
La saisie faite au Kenya
Sur le plan technique, les autorités ont frappé au cœur du réacteur cybercriminel :
2 341 appareils (téléphones, ordinateurs) ont été saisis.
1 442 adresses IP, noms de domaine et serveurs malveillants ont été mis hors ligne.
Neal Jetton, directeur de la Direction de la cybercriminalité d’Interpol, a souligné la gravité de ces actes : « Ces syndicats organisés de cybercriminels infligent des dommages financiers et psychologiques dévastateurs aux individus, aux entreprises et à des communautés entières avec leurs fausses promesses. »
Nigeria, Kenya, Côte d’Ivoire : L’architecture de la fraude révélée
L’opération a permis de lever le voile sur des méthodes de plus en plus sophistiquées, variant d’un pays à l’autre. Au Nigeria, la police a démantelé un réseau de fraude à l’investissement qui recrutait des jeunes pour mener des opérations de phishing et d’usurpation d’identité. Fait marquant, les enquêteurs ont découvert une propriété résidentielle entière construite par le chef du réseau pour servir de « hub opérationnel » à ces activités criminelles. Dans une autre affaire, un syndicat sophistiqué avait réussi à infiltrer la plateforme interne d’un grand opérateur de télécommunications pour siphonner du crédit et des données.
Des portables des malfrats au Kenya
Au Kenya, 27 arrestations ont été effectuées. Les escrocs utilisaient des applications de messagerie et de faux témoignages pour attirer les victimes vers de prétendus investissements dans des entreprises mondiales réputées. Ils sollicitaient de petits investissements initiaux (aussi bas que 50 dollars) en promettant des rendements lucratifs, montrant aux victimes des relevés de compte falsifiés avant de bloquer systématiquement toute demande de retrait.
En Côte d’Ivoire, les forces de l’ordre ont ciblé la fraude aux prêts mobiles. L’opération a conduit à 58 arrestations et la saisie de 240 téléphones portables et plus de 300 cartes SIM. Ces réseaux ciblaient les populations vulnérables en promettant des prêts rapides et non garantis, pour ensuite imposer des frais cachés, utiliser des méthodes de recouvrement abusives et voler des données personnelles sensibles.
Des téléphones saisis en Côte d’Ivoire
Cette opération d’envergure, soutenue par le partage de renseignements en temps réel d’Interpol et de ses partenaires du secteur privé, rappelle l’importance de la coopération internationale face à une criminalité qui ne connaît pas de frontières.
@info241.com
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