Gabon : 800 millions de cannabis en provenance du Nigéria en pirogue captés par les services de police
La lutte contre la circulation des drogues au Gabon vient encore de porter ses fruits. Les services de sécurité gabonais ont porté un coup majeur au trafic international de stupéfiants en démantelant un réseau approvisionné depuis le Nigeria, rapporte ce mecredi l’AGP. L’opération qui remonte à la semaine dernière, a permis la saisie de 1 tonne et 320 kilogrammes de cannabis, conditionnés dans 65 sacs et évalués à près de 800 millions de FCFA. La cargaison aurait été acheminée par voie maritime à bord d’une pirogue transportant également six migrants en situation irrégulière. Plusieurs suspects de nationalités nigériane, togolaise, béninoise et gabonaise ont été interpellés et jetés en prison ce lundi.
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Cette opération conjointe a mobilisé l’Office central de lutte antidrogue (OCLAD), la Direction générale des recherches (DGR), la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) ainsi que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon les premiers éléments de l’enquête, les principaux commanditaires du réseau seraient établis au Nigeria. La drogue devait vraisemblablement être réceptionnée au Gabon avant d’être écoulée sur le marché local. Les investigations cherchent désormais à identifier l’ensemble des ramifications et des soutiens logistiques de cette organisation transfrontalière.
600 000 FCFA promis pour transporter la drogue
Un ressortissant nigérian, présenté comme l’un des convoyeurs de la cargaison, a reconnu devant les enquêteurs qu’il connaissait la nature illicite du chargement. Il aurait accepté d’effectuer la traversée contre une rémunération de 600 000 FCFA pour « un tour ». Une somme particulièrement faible au regard des quelque 800 millions de FCFA auxquels la drogue saisie est estimée. « C’est l’argent qui m’a poussé à en arriver là. Ce qui m’importait, c’était l’argent », a-t-il déclaré.
Les enquêteurs tentent notamment de déterminer s’il s’agissait de sa première mission et d’identifier les personnes chargées de financer les traversées. Ils devront également préciser le point exact de départ de la pirogue, son itinéraire ainsi que le lieu prévu pour le débarquement des sacs. Le mode opératoire suggère une organisation disposant de contacts aussi bien au Nigeria qu’au Gabon. Les différentes déclarations recueillies devront toutefois être confrontées aux éléments matériels de l’enquête.
Le relais présumé de Libreville invoque des menaces
Parmi les personnes interpellées figure un ressortissant béninois présenté comme le cerveau présumé ou le relais du réseau à Libreville. Il aurait intégré l’organisation après avoir fait la connaissance d’un individu qu’il transportait dans son véhicule. Actif dans ce trafic depuis environ six mois, il affirme avoir mis son automobile à la disposition du réseau sous la contrainte. « J’ai été menacé, c’est la raison pour laquelle je suis avec eux », a-t-il soutenu devant les enquêteurs.
Un suspect gabonais est, pour sa part, soupçonné d’avoir assuré la revente locale du cannabis. Il reconnaît exercer cette activité depuis deux années et explique son implication par des difficultés financières liées à son état de santé. « Cela fait aujourd’hui deux ans que je vends du cannabis. Je me suis lancé dans cette activité parce que je faisais beaucoup d’allers-retours à l’hôpital, et l’argent des ventes me servait à acheter mes médicaments », a-t-il confié. Ces explications devront être examinées par la justice et ne suffisent pas, à elles seules, à écarter les responsabilités pénales éventuellement encourues.
Six migrants découverts dans l’embarcation
La pirogue transportait également six personnes présentées comme des migrants en situation irrégulière, soit un homme et cinq femmes de nationalités nigériane, togolaise et béninoise. L’enquête devra établir si ces passagers connaissaient la présence de la drogue ou s’ils ont simplement emprunté le même circuit clandestin pour rejoindre le Gabon. Leur présence témoigne néanmoins d’une possible utilisation commune des voies maritimes par les réseaux de trafic de stupéfiants et d’immigration irrégulière. À ce stade, aucun élément communiqué ne permet de leur attribuer une participation au transport du cannabis.
Les personnes soupçonnées d’appartenir au réseau ont été présentées devant le parquet avant d’être placées en détention à la prison centrale de Libreville, le lundi 3 août 2026. Les qualifications pénales précises retenues contre chacune d’elles n’ont pas encore été rendues publiques. Malgré les déclarations rapportées au cours de l’enquête, tous les suspects demeurent présumés innocents jusqu’à une éventuelle condamnation définitive. Les investigations se poursuivent afin de retrouver les commanditaires présumés, d’identifier les complices encore en liberté et de reconstituer le circuit financier de ce trafic estimé à plusieurs centaines de millions de FCFA.
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