Gabon : Après le chef de village dévoré par une panthère, un autre retrouvé noyé dans l’Ogooué
La série noire s’abat avec une violence inouïe sur les auxiliaires de commandement du ministère de l’Intérieur dans la province de l’Ogooué-Lolo. Alors que les populations locales sont encore sous le choc d’un drame effroyable survenu la semaine dernière, une nouvelle tragédie vient de frapper la corporation. Le mercredi 25 mars, le corps sans vie de Pascal Boubeghe, chef du village Lingara, a été repêché des eaux tumultueuses du fleuve Ogooué, plongeant une fois de plus l’administration déconcentrée et les riverains dans le deuil et la consternation.
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Ce nouveau décès ravive douloureusement les mémoires, quelques jours seulement après la fin du cauchemar vécu à Ndangui. Le 19 mars dernier, le chef de cette autre bourgade de la province avait été atrocement tué et dévoré par une panthère alors qu’il regagnait son domicile. Ce conflit homme-faune d’une rare sauvagerie avait nécessité l’organisation d’une vaste battue par les autorités compétentes, aboutissant finalement à l’élimination du félin tueur. Si ce dénouement a permis de sécuriser la zone, la mort brutale de ce relais de l’État a laissé un vide immense, aujourd’hui exacerbé par la perte soudaine de son collègue de Lingara.
Une expédition coutumière aux allures de voyage sans retour
Pour Pascal Boubeghe, le drame s’est noué loin des griffes d’un fauve, mais dans les flots implacables de l’Ogooué. Le village Lingara, situé dans le regroupement de Moubidou-Mouyabi près de Lastoursville dans le département de Mulundu, pleure un chef dont la disparition soulève de nombreuses interrogations. Selon la première consultation effectuée par le médecin-chef du centre médical local, la victime serait morte par noyade. Cependant, le fil des événements ayant conduit à cette issue tragique reste au centre de toutes les discussions.
Les faits ont débuté le matin du lundi 23 mars. Selon des sources proches de la famille, l’auxiliaire de commandement a emprunté sa pirogue pour rallier la rive droite du fleuve dans le but d’y récolter du vin de palme. Il n’était pas seul lors de cette traversée : André Ndzadi, le chef du village Moubidou-Mouyabi, et le notable Jean-Claude Ngounda l’accompagnaient. Après avoir recueilli cinq litres de ce breuvage traditionnel, les trois hommes se sont dirigés vers le domicile du chef de canton nouvellement installé à Missengue pour lui en vendre quatre litres.
Des absences inexpliquées et une alerte tardive
Fidèle aux traditions d’hospitalité, le chef de canton a convié ses visiteurs à partager un verre aux alentours de 15 heures. Au sortir de cette rencontre conviviale, plutôt que de rentrer se reposer, Pascal Boubeghe aurait émis le souhait de retourner à son palmier pour la récolte vespérale. Une proposition déclinée par Jean-Claude Ngounda, retenu par ses obligations domestiques. « Il a finalement choisi d’accoster au débarcadère pour rallier son domicile vers 17h40 », ont rapporté des baigneurs présents sur les lieux, témoins des derniers instants où l’homme a été vu en vie.
L’inquiétude n’est montée que le lendemain, le mardi 24 mars. En sortant vaquer à leurs occupations, ses deux compagnons de la veille ont été interpellés par l’épouse de la victime. « Il n’a pas dormi à la maison », leur a-t-elle confié, légitimement désemparée. Pensant à une escapade, ils se sont rapprochés de la maîtresse du disparu, pour s’entendre dire qu’il n’y avait pas non plus passé la nuit. Face à cette double absence inexpliquée, les villageois ont immédiatement organisé des recherches sur les berges, espérant retrouver leur chef sain et sauf.
Une enquête de gendarmerie pour dissiper les zones d’ombre
Devant l’échec des fouilles menées par les riverains, la brigade de gendarmerie a été officiellement informée de la disparition inquiétante le mardi aux alentours de 15 heures. Les moyens déployés sur les eaux n’ont permis de localiser la victime que le lendemain. Le mercredi 25 mars, sur le coup de 10 heures, le corps sans vie de l’auxiliaire de commandement a été découvert et extrait du fleuve, confirmant les pires craintes de la communauté locale.
Les pandores ont immédiatement ouvert une enquête pour déterminer avec exactitude les circonstances de ce drame. Si la noyade accidentelle est l’hypothèse privilégiée par le corps médical, les officiers de police judiciaire devront retracer avec précision le parcours de Pascal Boubeghe entre le débarcadère et le lieu de la macabre découverte. En l’espace d’une poignée de jours, le ministère de l’Intérieur vient de perdre deux de ses précieux représentants locaux dans des circonstances tout aussi tragiques qu’inattendues.
@info241.com
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