Gabon : L’activiste Wilfried Okoumba sorti brièvement de prison pour répondre à 3 nouvelles plaintes
Le ciel semble s’effrondrer sur l’ancienne grande gueule de Blois-Chambord. Revenu au Gabon le 24 juillet après près de treize années passées en France, Pierre Wilfried Okoumba, alias « Kamitatou », voit désormais les plaintes s’empiler contre lui. Déjà placé sous mandat de dépôt le lundi 3 août à la prison centrale de Libreville, l’activiste gabonais a été extrait de sa cellule le vendredi 7 août pour répondre à de nouvelles démarches judiciaires. Victorine Tchiko, Yvon Guy Donat Tchicot et Jean Gaspard Ntoutoume Ayi figurent parmi les nouveaux plaignants annoncés. Un retour au pays qui semble avoir libéré la colère de plusieurs personnes affirmant avoir été visées par ses prises de parole depuis la France.
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Selon des sources proches de sa défense citées par la Presse judiciaire gabonaise, Wilfried Okoumba a quitté la prison centrale de Libreville hier vers 9 heures pour être conduit au parquet de la République. Les griefs évoqués dans les nouvelles plaintes seraient proches de ceux déjà examinés dans la première procédure ouverte contre lui. Après plusieurs heures d’attente, l’absence des plaignants aurait toutefois empêché la tenue des confrontations attendues. Le parquet a ainsi renvoyé le dossier à la semaine suivante afin de permettre la comparution de toutes les parties.
Des plaintes qui s’accumulent depuis son retour
Cette nouvelle étape judiciaire intervient alors que l’activiste fait déjà l’objet d’une information ouverte à la suite d’une plainte attribuée à Pierre Duro, chef de mission de la Task Force sur la dette extérieure et intérieure. Cette première procédure aurait conduit à son placement en détention provisoire le lundi 3 août 2026. Jean Gaspard Ntoutoume Ayi avait également annoncé, dès le 28 juillet, une plainte pour diffamation publique après des déclarations tenues par Kamitatou deux jours plus tôt à la télévision. Les qualifications juridiques précises retenues dans chacune de ces affaires n’ont cependant pas encore été officiellement communiquées.
L’activiste avant son incarcération le 24 juillet
Durant ses années françaises, Pierre Wilfried Okoumba s’était construit une importante audience sur les réseaux sociaux en multipliant vidéos et messages audio contre des responsables politiques, des personnalités publiques et d’autres citoyens gabonais. La distance semblait jusque-là limiter les possibilités de confrontation directe avec ceux qui s’estimaient insultés, diffamés ou injustement mis en cause. Son retour à Libreville a brutalement changé la situation en le plaçant à la portée immédiate des juridictions gabonaises. Les excuses présentées à son arrivée n’ont manifestement pas suffi à désamorcer les rancœurs accumulées.
Des excuses publiques restées sans effet
À sa descente d’avion, dans un reportage diffusé par Gabon 24, l’activiste avait reconnu avoir parfois dépassé les limites au cours de ses interventions. Il avait demandé pardon aux personnes qu’il aurait « involontairement insultées, blessées ou vexées », affichant sa volonté de privilégier désormais l’apaisement. Cette contrition publique avait surpris, venant d’un homme connu pour la violence de certaines de ses attaques numériques. Moins de deux semaines plus tard, son incarcération et l’arrivée de nouvelles plaintes montrent que le pardon médiatique ne peut se substituer au règlement judiciaire des différends.
Les circonstances de son retour demeurent elles-mêmes controversées. Kamitatou l’avait présenté comme une décision volontaire motivée notamment par l’état de santé de sa mère et par son nouveau regard sur la situation politique gabonaise. Plusieurs acteurs politiques ont cependant affirmé qu’il aurait été éloigné de France après avoir fait l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Un échange mystérieux avec des agents de la DGDI
Lors de son passage au Palais de justice le vendredi 7 août, Wilfried Okoumba se serait également entretenu avec deux agents de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI-Cedoc). Ni le contenu ni l’objet de ces échanges n’ont été rendus publics. Cette audition pourrait concerner les conditions de son retour, sa situation migratoire passée ou un autre volet de l’enquête, mais aucune autorité ne l’a confirmé. Après environ sept heures au Palais de justice, il a été reconduit à la prison centrale de Libreville vers 16 h 05.
Selon sa famille, l’activiste avait été interpellé le 31 juillet 2026 à son domicile d’Akanda par des officiers de police judiciaire arrivés à bord de quatre véhicules. Sa mère, qui aurait suivi le convoi, affirme que leurs téléphones ont été confisqués à leur arrivée dans les locaux de la Police judiciaire. Elle aurait récupéré le sien vers minuit, avant d’être invitée par son fils, par l’intermédiaire d’un policier, à regagner son domicile. Ces déclarations familiales n’ont pas encore été confirmées dans le détail par les services d’enquête.
Le lourd prix des années d’invectives
Le retour de Kamitatou au Gabon apparaît désormais comme un véritable effet boomerang. Les personnes qui affirment avoir été atteintes par ses propos disposent désormais d’un accès plus direct aux tribunaux nationaux pour faire examiner leurs accusations. Le nombre de plaintes ne constitue toutefois pas une preuve de culpabilité et chaque dossier devra être apprécié séparément par les magistrats. La justice devra notamment vérifier la teneur exacte des propos dénoncés, leur date de diffusion et leur éventuelle qualification pénale.
Pierre Wilfried Okoumba reste présumé innocent tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’a établi sa responsabilité. Son mandat de dépôt constitue une mesure de détention provisoire et non une condamnation. Mais pour l’activiste, le retour au pays présenté comme celui du pardon et de la réconciliation s’est rapidement transformé en marathon judiciaire. Après treize années d’activisme mené depuis la France, Kamitatou doit désormais répondre, devant la justice gabonaise, aux personnes qui affirment avoir subi ses attaques.
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