Gabon : La transmission du Mvet Oyeng reste un défi après sa reconnaissance par l’Unesco
La cinquième édition du Festival culturel de Bitam, organisée du 14 au 17 août 2026, a relancé la réflexion sur la sauvegarde du Mvet Oyeng. Si cet art de la communauté Ekang bénéficie d’une reconnaissance internationale, les actions de transmission, de documentation et de recherche restent jugées insuffisantes dans une contribution consacrée à l’événement. Deux projets d’arrêtés proposent de lui réserver une place lors des cérémonies officielles. Leur adoption reste à confirmer.
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L’inscription du Mvet Oyeng sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, intervenue le 10 décembre 2025 selon le document, concernait un dossier commun au Gabon, au Cameroun et au Congo. Cette reconnaissance soulève désormais la question des moyens consacrés à la pérennité de la pratique. La contribution transmise, signée par Germain Owono Essono, président du Comité national ICOM Gabon et point focal de la convention de 2003 pour l’ONG Génération Ekang, examine les suites données à cette inscription. Elle distingue les opérations de visibilité des mesures nécessaires à la transmission des savoirs.
Des manifestations culturelles, mais des lacunes persistantes
À Bitam, plusieurs activités ont été consacrées au Mvet Oyeng pendant le festival. Une exposition photographique de l’ONG Génération Ekang, une procession en hommage aux diseurs et des prestations ont figuré au programme. Des praticiens gabonais et camerounais ont participé à ces séquences, qui comprenaient également le montage d’instruments sur place. Ces manifestations ont offert un espace de rencontre avec le public et de présentation de la pratique.
Le bilan présenté dans la contribution reste toutefois contrasté. Les initiatives de sensibilisation, de promotion et de mise en valeur sont identifiées comme les plus visibles. À l’inverse, les actions consacrées à la revitalisation, à la transmission des connaissances, à la documentation et à la recherche sont décrites comme faibles. Le texte ne fournit pas de données chiffrées permettant d’évaluer le nombre d’apprenants, les dispositifs de formation ou les ressources mobilisées.
Deux propositions pour les cérémonies officielles
Pour multiplier les occasions de pratique, un premier projet d’arrêté propose des prestations de diseurs de Mvet lors des solennités officielles à la mairie de Bitam. Les sessions ordinaires et extraordinaires du conseil municipal sont notamment concernées. Une extension à d’autres communes du Woleu-Ntem, dont Oyem, Mitzic, Minvoul et Medouneu, est également envisagée. Le second projet vise les cérémonies organisées dans les institutions de la République.
Les deux documents ont été remis au promoteur du festival, Patrick Eyogo Edzang, pour transmission et examen auprès des autorités concernées. La mairie de Bitam et le ministère de la Réforme et des Relations avec les institutions sont cités parmi les destinataires. Il s’agit de propositions, aucune adoption n’étant établie dans les éléments transmis. Les conditions de participation des diseurs, leur éventuelle rémunération et la fréquence des prestations ne sont pas précisées.
Au-delà du cérémonial, l’enjeu de l’apprentissage
Une rencontre organisée le 21 août 2026 au corps de garde d’Oyem illustre déjà cette association entre Mvet et vie publique. Le compte rendu de session parlementaire du député Eric Kevin Edzang Ndong avait été précédé d’une prestation de Tsira Etougou Ndong. Des notables, des auxiliaires de commandement, des jeunes et des femmes assistaient à cette restitution. L’exemple témoigne d’une utilisation du Mvet dans un cadre institutionnel, sans permettre d’en mesurer les effets sur la transmission.
Les propositions issues de la réflexion menée à Bitam concernent donc principalement la présence du Mvet dans les cérémonies. Les besoins de formation, de documentation et de recherche restent moins détaillés. Aucun calendrier ni financement n’est présenté pour répondre à ces insuffisances. La sauvegarde du Mvet Oyeng dépendra aussi de la capacité à organiser l’apprentissage et à conserver les connaissances, au-delà des rendez-vous publics qui lui sont consacrés.
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