Gabon : Rentrée scolaire timide à Libreville, classes vides à Tchibanga et embouteillages dans la capitale
L’année scolaire 2026-2027 s’est ouverte ce lundi 7 septembre au Gabon, avec une reprise contrastée selon les établissements. À Libreville, les premiers élèves ont retrouvé les classes, tandis que la circulation se chargeait sur les principaux axes routiers. À Tchibanga, plusieurs établissements ont accueilli leurs personnels, mais les apprenants manquaient encore à l’appel. Cette rentrée intervient alors que le ministère de l’Éducation nationale annonce la poursuite des réformes pédagogiques et des investissements dans les équipements scolaires
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Dans plusieurs établissements de Libreville, cette première journée a surtout été consacrée à l’accueil et à l’organisation de la reprise. Au lycée national Léon Mba, la levée des couleurs, la distribution des emplois du temps et l’arrivée des élèves de terminale ont marqué le début de l’année. Le proviseur, Guilain Neyer Olouri, a confirmé une rentrée effective, malgré une fréquentation encore limitée. Les inscriptions et réinscriptions en cours expliquent, selon lui, une partie de cette reprise progressive.
À Libreville, les routes se remplissent avant les classes
Une rencontre entre le proviseur, les enseignants et le personnel administratif a également permis de rappeler les orientations de l’établissement. La discipline, la responsabilité et l’engagement des équipes ont été mis en avant. Les effectifs devraient augmenter à mesure que les familles achèvent les formalités de rentrée. Les constats rapportés par l’Agence gabonaise de presse décrivent ainsi une reprise sereine, mais encore partielle.
Le retour des embouteillages
Sur les routes du Grand Libreville, le retour des activités scolaires s’est accompagné de ralentissements dès les premières heures de la matinée. Les véhicules transportant élèves et parents se sont ajoutés aux déplacements habituels des travailleurs. Les arrêts fréquents pour embarquer et déposer les passagers ont accentué les difficultés de circulation. Aux abords des établissements, cette concentration des déplacements remet la gestion du trafic aux heures de pointe au premier plan.
À Tchibanga, les difficultés financières retardent la reprise
Dans la capitale provinciale de la Nyanga, l’ouverture des établissements n’a pas immédiatement débouché sur le retour des élèves. Les observations rapportées font état de la présence des personnels administratifs et d’encadrement, mais de salles de classe encore vides dans les structures concernées. Des parents poursuivaient les démarches d’inscription, de réinscription et de transfert, ainsi que l’achat des uniformes. À l’école publique C, la directrice Diane Koumba Mbina explique que certaines familles invoquent des difficultés financières et cherchent encore les fournitures nécessaires.
La reprise ici à Tchibanga
La disponibilité des enseignants constitue une autre difficulté évoquée localement. Certains se trouvent encore à Libreville pour accomplir les formalités académiques de leurs enfants, notamment après leur admission au baccalauréat. Des enseignants sortis des Écoles normales d’instituteurs attendraient également le versement de leurs présalaires avant de rejoindre leur affectation. Ces situations montrent que la reprise des cours dépend aussi de conditions matérielles qui restent à réunir pour une partie des familles et des personnels.
Des régularisations administratives encore inachevées
À la veille de la rentrée, ce dimanche 6 septembre, Camélia Ntoutoume Leclercq a présenté les priorités du secteur à la communauté éducative. La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale est revenue sur les tensions sociales de l’année précédente, qui avaient entraîné des ajustements du calendrier. Selon son bilan, le dialogue tripartite a permis de régulariser 2 668 situations administratives sur 4 000 recensées, soit 66,70 %. Sur cette base, 1 332 situations restent donc à traiter, tandis que la mise en solde de plusieurs catégories d’agents se poursuit progressivement.
Sur le plan pédagogique, la ministre a annoncé des taux de réussite de 98,70 % au CEP, de 66,27 % au BEPC et de 85,55 % au baccalauréat général. Le baccalauréat technologique et professionnel affiche, selon les mêmes données, 92,29 % de réussite. Pour cette nouvelle année, les orientations comprennent le renforcement de la formation des enseignants et la poursuite du déploiement du numérique. L’Approche par les compétences doit également s’étendre à la classe de troisième.
Des équipements annoncés, des besoins immédiats
Le bilan ministériel de l’exercice précédent fait état de 2 250 nouvelles places, de 1 000 tablettes numériques, de 500 écrans interactifs et de 85 778 manuels scolaires livrés. La mise en service progressive de 42 250 tables-bancs figure parmi les actions annoncées pour améliorer les conditions d’apprentissage. Le gouvernement maintient aussi son objectif de construire 2 000 salles de classe à l’horizon 2032. Ces annonces répondent à l’enjeu des capacités d’accueil, sans préciser, dans les éléments présentés, la répartition des équipements entre les établissements.
La ministre a également évoqué l’inclusion scolaire, la sécurité et les conditions de vie des enseignants. Le projet « Un enseignant, un titre foncier » doit notamment s’appuyer sur 539 hectares mis à disposition, pour environ 7 000 parcelles de 500 mètres carrés. Dans l’immédiat, les constats de Libreville et de Tchibanga montrent toutefois que la rentrée reste tributaire de l’achèvement des inscriptions, des moyens des familles et de l’arrivée des personnels. L’évolution de la fréquentation dans les prochains jours permettra de mesurer le passage de l’ouverture des établissements à une reprise complète des enseignements.
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