Gabon : Un commerçant accusé de fusil nocturne et d’autres actes de sorcellerie contre ses rivaux à Moanda
Une affaire pour le moins insolite défraie la chronique à Moanda, dans la province du Haut-Ogooué. Célestin T.L., un commerçant camerounais de 53 ans vendant livres et fournitures scolaires au marché municipal, est au cœur d’une procédure judiciaire ouverte après plusieurs plaintes de ses collègues, rapporte ce mardi 7 juillet L’Union. Ces derniers l’accusent de pratiques occultes présumées, sur fond de rivalité commerciale. Le mis en cause, interpellé puis présenté devant un magistrat instructeur, a été laissé en liberté provisoire en attendant la suite de l’enquête.
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Selon les accusations portées contre lui, Célestin T.L. aurait mal supporté que d’autres commerçants vendent les mêmes articles que lui au marché municipal de Moanda. Estimant que cette concurrence nuisait à ses recettes, il aurait récupéré les photographies de deux de ses collègues. Les plaignants affirment qu’il se serait ensuite rendu au Congo voisin pour consulter un féticheur. Un témoin aurait assisté à cette démarche présumée avant d’en informer les personnes visées.
Des photos de concurrents au centre du dossier
Les faits reprochés au commerçant reposent principalement sur cette supposée utilisation de photographies à des fins occultes. Pour les plaignants, ces images auraient été emportées dans le but de nuire à leurs activités commerciales, voire à leur intégrité physique ou familiale. L’affaire, d’abord évoquée dans le cercle du marché, a rapidement pris de l’ampleur en raison de la nature des accusations. À Moanda, elle alimente depuis plusieurs semaines les conversations et les inquiétudes.
Une vue des lieux
Avant l’intervention de la justice, une tentative de règlement à l’amiable aurait été organisée par la présidente de la communauté camerounaise de Moanda. Au cours de cette médiation, selon plusieurs témoignages, Célestin T.L. aurait reconnu certains faits. Mais devant le magistrat instructeur, le commerçant aurait finalement contesté l’ensemble des accusations portées contre lui. Cette contradiction fait désormais partie des éléments que l’enquête devra éclaircir.
Une accusation de « fusil nocturne »
Après cette médiation infructueuse, deux commerçants ont déposé plainte auprès de la brigade de gendarmerie de Moanda. Le mis en cause a été interpellé, puis présenté devant le magistrat instructeur près le tribunal de première instance de Franceville. Une information judiciaire a été ouverte afin d’établir la réalité des faits dénoncés. À ce stade, les accusations restent à vérifier et devront être confrontées aux déclarations des différentes parties.
L’affaire s’est encore épaissie avec le dépôt de deux nouvelles plaintes auprès du procureur de la République. L’une des plaignantes affirme notamment avoir été victime d’un « fusil nocturne », une pratique de sorcellerie qu’elle attribue au commerçant mis en cause. D’autres accusations d’actes occultes présumés sont également évoquées par les plaignants. La justice devra désormais déterminer si ces dénonciations reposent sur des éléments probants ou sur des soupçons nourris par le climat de rivalité commerciale.
Un climat de peur au marché municipal
Au marché municipal de Moanda, cette affaire a installé un climat de tension entre commerçants. Plusieurs vendeurs disent redouter d’éventuelles représailles, non seulement contre leurs activités, mais aussi contre leur santé ou celle de leurs familles. Certains préfèrent désormais rester discrets, tandis que d’autres appellent à laisser la justice faire son travail. Le caractère mystique des accusations contribue à renforcer l’émotion autour du dossier.
Célestin T.L. reste pour l’heure présumé innocent. Son sort dépendra des conclusions de l’enquête ouverte par la justice. Entre rivalité économique, accusations de sorcellerie, plaintes successives et inquiétudes au sein du marché, cette affaire illustre la manière dont un conflit commercial peut basculer sur un terrain beaucoup plus sensible. À Moanda, le dossier continue de défrayer la chronique, en attendant que la justice démêle les faits des croyances et des rumeurs.
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