Gabon : Un adolescent de 14 ans condamné pour viol, plusieurs mineurs relaxés faute de preuves à Mouila
Le tribunal de première instance de Mouila, dans la province de la Ngounié, a ouvert, ce jeudi 3 septembre 2026, une session criminelle spécialement consacrée aux mineurs. Trois affaires portant sur des faits de viol, de tentative de vol qualifié et d’association de malfaiteurs étaient inscrites au rôle. Cette audience a abouti à une condamnation et à plusieurs relaxes au bénéfice du doute.
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En raison de l’âge des personnes jugées, leur identité n’a pas été rendue publique. Cette session intervient alors que les autorités judiciaires tentent de concilier la répression des infractions graves avec les règles particulières applicables aux mineurs. La réinsertion demeure notamment l’un des principes essentiels de la justice juvénile.
Onze mois de prison pour le viol d’une fillette
La première affaire concernait un garçon âgé de 14 ans au moment des faits. Il était poursuivi pour le viol d’une fillette de 7 ans et 6 mois, commis en octobre 2025 à Ndendé, chef-lieu du département de la Dola. À l’issue des débats, le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à 11 mois d’emprisonnement ainsi qu’au paiement d’une amende de 50 000 FCFA.
Le mineur avait déjà passé dix mois en détention au moment de son jugement. Sauf modification de sa situation judiciaire, il devrait donc retrouver la liberté en octobre prochain, après avoir purgé la totalité de sa peine. Sa libération devra néanmoins s’accompagner d’un suivi par les services des Affaires sociales.
Une réinsertion sous surveillance sociale
Cet accompagnement doit favoriser le retour progressif de l’adolescent dans la société et prévenir toute récidive. Les travailleurs sociaux devront notamment évaluer sa situation familiale, scolaire et psychologique. La prise en charge devra également tenir compte de la gravité des faits pour lesquels il a été condamné.
Le dossier rappelle parallèlement la nécessité d’assurer un accompagnement durable aux enfants victimes de violences sexuelles. Au-delà de la réponse pénale apportée à l’auteur, la fillette devra pouvoir bénéficier d’une protection et d’un suivi médical, psychologique et social adaptés. L’identité de la victime reste protégée en raison de son âge.
Deux dossiers conclus par des relaxes
Dans les deux autres affaires examinées au cours de cette session, les mineurs mis en cause étaient poursuivis pour association de malfaiteurs et tentative de vol qualifié. Après l’examen des dossiers et les débats à l’audience, le tribunal a estimé que les éléments matériels présentés ne suffisaient pas à établir leur participation aux infractions reprochées.
Les accusés ont par conséquent été relaxés au bénéfice du doute. Cette décision signifie que les charges réunies contre eux n’ont pas permis à la juridiction d’établir leur culpabilité avec suffisamment de certitude. Elle ne constitue pas une approbation des faits dénoncés, mais l’application du principe selon lequel le doute doit profiter à l’accusé.
Entre sanction et réinsertion des mineurs
À travers cette session criminelle, la justice de la Ngounié entend apporter une réponse aux actes de délinquance impliquant des adolescents, sans perdre de vue leur âge et leurs possibilités de réinsertion. Le traitement judiciaire des mineurs impose en effet une approche différente de celle réservée aux adultes, avec une attention particulière portée à l’éducation et à l’accompagnement social.
La condamnation prononcée dans le dossier de viol et les relaxes décidées dans les deux autres affaires illustrent cette double exigence. La justice doit sanctionner lorsque les faits sont établis, mais également refuser de condamner lorsque les preuves demeurent insuffisantes. Cette première session devrait être suivie d’autres audiences consacrées aux mineurs en conflit avec la loi dans la province.
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