Totalement blanchis par la justice, Opiangah et sa « fille » toujours interdits de quitter le Gabon
On croyait le dénouement judiciaire total dans l’affaire Opiangah mais les restrictions de liberté seraient toujours de mise. Les avocats d’Hervé Patrick Opiangah ont réuni la presse ce lundi 6 juillet à Libreville pour dénoncer une situation ubuesque : bien que l’ancien ministre des Mines et sa belle-fille, Élisabeth, soient définitivement lavés de tout soupçon, ils demeurent interdits de quitter le territoire gabonais. Une mesure de coercition qui confine à l’absurde alors que l’appareil judiciaire a formellement lavé la « fille » et son père de toutes les accusations dans ce dossier.
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Sur le plan du droit ont rappelé les avocats hier, l’affaire est pourtant close et verrouillée. Poursuivi à la suite de graves accusations, portant notamment sur le viol de sa belle-fille, d’inceste et de menaces de mort, le président de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (UDIS) a bénéficié d’une ordonnance de non-lieu rendue le 24 février par le doyen des juges d’instruction. Cette décision, confirmée le 2 mai par la cour d’appel, est devenue définitive le 12 juin dernier avec la délivrance d’un certificat de non-pourvoi. Mais le maintien de telles mesures coercitives à l’encontre de ces citoyens réhabilités interroge profondément sur la cohérence institutionnelle.
Le refoulement de la prétendue victime à la frontière
L’incompréhension de la défense est d’autant plus vive que cette interdiction de voyager frappe également la belle-fille de l’homme d’affaires. Présentée par l’accusation initiale comme la principale victime des viols dans ce dossier, la jeune femme a pourtant systématiquement et farouchement défendu l’innocence de son beau-père devant les magistrats, qualifiant ces allégations de manœuvres calomnieuses. N’ayant jamais fait l’objet de la moindre inculpation, elle demeure pourtant traitée comme une prisonnière au sein des propres frontières de son pays.
Les 3 avocats au cours de leur point de presse hier
Cette restriction s’est matérialisée de façon très concrète le 21 mai dernier, lorsque la jeune femme a été formellement refoulée par la police gabonaise des frontières alors qu’elle tentait de voyager. Face à cette entrave, le pool d’avocats composé de Me Paulette Oyane, Me Carole Moussavou et Me Mba Ondo a adressé une demande d’intervention urgente au ministre de la Justice le 13 mai pour réclamer la levée immédiate de ces notes d’interdiction, une démarche restée lettre morte à ce jour.
Trois passeports toujours retenus par l’administration
À cette interdiction de circuler s’ajoute une confiscation de fait de leurs documents de voyage les plus essentiels. Lors de la perquisition menée le 20 novembre 2024 au domicile et aux bureaux de l’ancien député de Mounana, les forces de l’ordre avaient fait main basse sur de nombreux effets personnels. Si une partie des fonds saisis a été restituée le 12 mars, trois passeports cruciaux — deux diplomatiques et un ordinaire — manquent toujours à l’appel.
Interpellé par les conseils d’Hervé Patrick Opiangah, le parquet de la République s’est fendu d’une réponse écrite déroutante, affirmant ne pas posséder ces documents et indiquant qu’ils ne figuraient pas sur la liste des pièces déposées au Trésor public. Pour la défense, cette rétention s’apparente à une volonté délibérée de prolonger la mort sociale de leur client. « Sont-ils des prisonniers ou sont-ils des Gabonais libres d’aller et de venir ? », ont martelé les avocats, exigeant la restitution immédiate de l’ensemble de leurs droits constitutionnels.
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