Le CHU Jeanne Ebori a un trou de 2 milliards dû aux impayés des patients et à la CNAMGS
Le CHU Mère-Enfant Jeanne Ebori de Libreville, sous la direction du Pr Jean-François Meye, fait face à une situation financière délicate. Lors du conseil d’administration tenu ce vendredi 20 décembre, les membres ont révélé un trou budgétaire estimé à près de 2 milliards de francs CFA, résultant principalement des impayés des patients et de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).
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{{Un budget en péril}}
Le Pr Meye a présenté les détails du budget 2024, initialement fixé à {{7,6 milliards de francs CFA}}, mais qui a rapidement montré ses limites. Malgré un objectif de mobilisation de facturation de {{6,2 milliards}} de fonds propres, l’hôpital n’a réussi à en générer que {{4,7 milliards}}, laissant un déficit préoccupant de {{1,5 milliard sur cette seule source de revenus}}.
{Le directeur de cet hôpital spécialisé mère-enfant}
La situation est aggravée par les paiements tardifs de l’État gabonais, qui, jusqu’à ce mois de décembre, n’a versé que {{50 % des 1,96 milliard de francs promis}} pour le fonctionnement annuel du CHU. {À ce jour, nous n’avons pas reçu l’intégralité des fonds promis, ce qui complique notre capacité à couvrir nos charges et à honorer nos engagements auprès des fournisseurs}", a précisé le directeur général.
{{Le rôle clé des patients et de la CNAMGS}}
Outre le retard des financements étatiques, les {{patients}} et la {{CNAMGS}} cumulent également des arriérés de paiement, estimés à {{2 milliards de francs CFA}} . Cette situation impacte directement les capacités financières du CHU.
"{{Si nous avions reçu cette somme, nous n’aurions aucun problème aujourd’hui pour équilibrer notre budget et assurer un fonctionnement normal.}}"
{{Un appel à la mobilisation générale}}
Le conseil d’administration a insisté sur l’urgence de mettre en place des mécanismes efficaces de recouvrement des paiements dus, aussi bien auprès de l’État que des autres partenaires.
"{{Nous espérons un règlement rapide de ces arriérés pour nous permettre de stabiliser nos activités et éviter une dégradation des services offerts aux patients.}} "
{{Vers un avenir prudent mais incertain}}
En tenant compte des aléas constatés en 2024, le CHU a élaboré un budget prévisionnel pour 2025 qu’il qualifie de « prudent ». Cependant, le directeur général a souligné que les besoins structurels de l’hôpital, évalués à {{8 milliards de francs CFA par an}}, restent largement au-dessus des montants alloués actuellement.
Pour mémoire, sous l’ancien régime d’Ali Bongo, le CHU ne recevait qu’un milliard de francs CFA par an, obligeant l’établissement à s’appuyer sur des stratégies de financement alternatives. Avec un déficit chronique et une dette accumulée auprès des fournisseurs, le CHU appelle à une intervention urgente des autorités pour garantir un financement adéquat et pérenne des structures hospitalières publiques.
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