Russie : 200 étudiants gabonais privés de bourse depuis près de 6 mois
La situation des étudiants gabonais en Fédération de Russie atteint un seuil critique de précarité. Dans un communiqué officiel parvenu à la rédaction d’Info241 ce jeudi, l’Association des étudiants et stagiaires gabonais en fédération de Russie (AESGFR) exprime avec une profonde gravité son indignation face à la détresse de 200 boursiers. Alors que l’année académique entame sa seconde phase, ces jeunes compatriotes se retrouvent abandonnés sans aucun soutien financier de la part de l’État, une situation qualifiée d’une « extrême gravité » par leurs représentants.
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Le cœur du problème réside dans l’absence totale de versement des bourses d’études depuis le début de l’année universitaire, soit une attente qui frôle désormais les six mois. Selon le communiqué daté de ce mercredi, « aucun règlement effectif des frais de scolarité n’a été assuré » pour ces 200 boursiers, plaçant ces derniers dans une impasse contractuelle vis-à-vis de leurs universités respectives. Cette rupture de financement direct paralyse la capacité des étudiants à se concentrer sur leurs objectifs académiques, les obligeant à lutter quotidiennement pour leur survie.
Un quotidien entre survie et endettement
Sur le terrain, la réalité décrite par l’AESGFR est alarmante : les étudiants sont incapables de subvenir à leurs besoins élémentaires, qu’il s’agisse de l’alimentation, du transport, du logement ou des soins de santé. Pour tenir, beaucoup dépendent de la solidarité communautaire ou « accumulent des dettes pour éviter l’exclusion » de leurs résidences. Le communiqué précise que certains vivent désormais dans la « peur constante d’une rupture de visa » liée à ces difficultés administratives qui menacent leur statut légal sur le territoire russe.
Le communiqué d’alerte
L’association rappelle pourtant avoir agi avec une « posture de confiance » , privilégiant le dialogue avec les autorités compétentes durant de longs mois. Cette retenue était motivée par la volonté exprimée par le Président de la République de « restaurer la dignité des Gabonais à l’étranger » . Cependant, l’AESGFR constate avec amertume que cette volonté politique ne s’est toujours pas traduite par des actes concrets pour les étudiants basés en Russie, malgré les multiples échanges constructifs.
L’urgence d’une réponse étatique
Aujourd’hui, l’organisation estime que le temps de la patience est révolu, car la situation ne peut plus être « différée ni supportée dans le silence ». L’aggravation des conditions de vie impose une réaction immédiate, sous peine de voir l’avenir académique, social et humain de ces 200 compatriotes définitivement compromis. L’AESGFR réaffirme que « se taire davantage reviendrait à cautionner une détérioration » aux conséquences potentiellement irréparables pour la jeunesse gabonaise à l’étranger.
Tout en réitérant leur attachement à l’Ambassade du Gabon en Russie pour son soutien dans le dialogue, les étudiants exigent une réponse rapide, concrète et décisive du gouvernement. Ce cri d’alarme constitue un test majeur pour les autorités gabonaises dans leur gestion des boursiers à l’international. L’heure n’est plus aux promesses, mais au versement effectif des sommes dues pour garantir la sécurité et la dignité de ces futurs cadres de la nation.
@info241.com
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