Carburant : Le Kenya rationne ses stations-service face à la guerre au Moyen-Orient
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La menace d’une paralysie énergétique s’intensifie au Kenya, où les automobilistes font face à un rationnement de plus en plus strict du super et du gasoil. Conséquence directe du conflit au Moyen-Orient et du blocage stratégique de certaines routes maritimes, plusieurs distributeurs se retrouvent temporairement en rupture de stock. Le président de l’Association des stations-service du pays, Martin Chomba, a alerté mercredi sur la gravité de la situation, particulièrement critique dans les zones rurales contraintes de fermer leurs pompes de façon provisoire. « Les plus grands fournisseurs de carburant du Kenya rationnent les produits. Quelques distributeurs connaissent des ruptures de stock dans les villages », a-t-il précisément confié à l’agence Bloomberg.
Cette crise met en exergue l’extrême vulnérabilité logistique de la nation est-africaine, qui importe quotidiennement près de 100 000 barils de produits pétroliers via le port de Mombasa. La législation n’imposant aux importateurs qu’une réserve opérationnelle de vingt-et-un jours, les experts préviennent qu’un seul retard de cargaison pourrait plonger le pays dans une urgence économique absolue en l’espace de quelques semaines. Ce péril menace des secteurs vitaux comme les transports et le commerce de denrées de première nécessité, d’autant plus que les pays africains subissent de plein fouet la concurrence agressive des nations plus riches pour s’accaparer les rares hydrocarbures disponibles sur le marché mondial.
Ce déficit grandissant contredit frontalement les récentes assurances de l’exécutif kényan. Le 13 mars, le secrétaire au cabinet de l’Énergie et du Pétrole, Opiyo Wandayi, affirmait pourtant que le gouvernement collaborait activement avec les compagnies internationales pour éviter toute pénurie. En parallèle, l’Autorité de régulation de l’énergie et du pétrole a décidé de maintenir ses tarifs inchangés pour le cycle du 15 mars au 14 avril. Le litre de super reste ainsi fixé à 178,28 shillings kényans (environ 788 FCFA), le gasoil à 166,54 shillings (près de 736 FCFA) et le pétrole lampant à 152,78 shillings (environ 675 FCFA), offrant un sursis financier de courte durée face aux craintes d’une flambée imminente à la pompe.
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